Vous êtes ici : Accueil > Actualités de l’adoption > Actualités - Année 2018 > Actus : Avril 2018 > 19.04.2018 - Le Point
Par : Bernard P
Publié : 4 mai

19.04.2018 - Le Point

L’adoption, une voie souvent sans issue pour les couples homosexuels

Avec le mariage, la loi Taubira promettait l’adoption pour tous. Mais depuis 2013, seule une poignée de couples homosexuels ont accueilli un enfant, confrontés parfois à des discriminations en France et au nombre réduit de pays étrangers acceptant leurs dossiers.

"Il n’existe pas de chiffres officiels, mais le nombre de couples qui ont pu adopter en France ou à l’étranger est inférieur à dix", assure Nicolas Faget, porte-parole de l’Association des parents gays et lesbiens (APGL).

Thomas, 40 ans, et son mari, 43 ans, en font partie. Ce couple de Parisiens, salariés dans l’audiovisuel, élève depuis 2016 une petite fille, ancienne pupille de l’État. Thomas dit avoir eu "beaucoup de chance" d’être allé au bout de cette "super aventure".

Parmi les candidats à l’adoption, peu de femmes : elles privilégient d’autres solutions comme la coparentalité ou la procréation médicalement assistée (PMA) à l’étranger. Pour les hommes, le chemin vers l’adoption ressemble à une voie sans issue, insiste Nicolas Faget.

Il faut d’abord décrocher le sésame indispensable : l’agrément. Cette étape, qui dure en moyenne neuf mois, est le plus souvent franchie sans difficultés, après des rendez-vous avec des assistantes sociales et des psychologues. C’est ensuite que le parcours se complique.

Les couples qui choisissent d’adopter en France doivent passer devant un "conseil de famille", véritable épreuve.

L’instance, composée d’élus du conseil départemental, de membres d’associations de pupilles de l’État et de familles adoptantes ainsi que de professionnels de la protection de l’enfance, est chargée d’évaluer les candidats à l’adoption.

"Certains conseils acceptent moins que d’autres les dossiers de couples de même sexe. Il y a de grandes disparités selon les départements, ça crée des injustices", affirme Nicolas Faget.